Le compte-titres en Belgique : ce que tu dois savoir avant d’investir
Tu veux investir en bourse. Tu sais ce que sont les ETF, tu as entendu parler d’actions, et tu es prêt à te lancer. Mais avant d’acheter quoi que ce soit, il y a une question fondamentale : comment fonctionne le cadre fiscal belge autour de tes investissements ?
Parce qu’en Belgique, investir via un compte-titres implique de naviguer entre plusieurs taxes — dont deux ont connu des changements importants en 2025-2026. Si tu ne les connais pas, tu pourrais avoir de mauvaises surprises.
Voici tout ce que tu dois savoir, expliqué simplement.
C’est quoi un compte-titres ?
Un compte-titres (aussi appelé compte d’instruments financiers), c’est le compte qui te permet d’acheter et de détenir des placements financiers : actions, ETF, obligations, fonds d’investissement, etc.
Il est différent de ton compte épargne classique. Sur un compte épargne, tu déposes de l’argent. Sur un compte-titres, tu détiens des titres financiers — des morceaux d’entreprises ou de fonds.
Presque toutes les banques belges en proposent. Tu peux aussi en ouvrir un auprès d’un courtier en ligne (souvent moins cher en frais de transaction).
Les 3 taxes à connaître absolument
En Belgique, investir via un compte-titres implique potentiellement trois taxes distinctes. Elles ne s’appliquent pas toutes en même temps, ni à tout le monde — mais tu dois les connaître.
1. La TOB : taxe sur chaque achat et vente
La taxe sur les opérations de bourse (TOB) est prélevée à chaque fois que tu achètes ou vends un titre. Elle est calculée sur le montant de la transaction — pas sur ton profit.
Les taux varient selon le type de titre :
| Type de titre | Taux TOB |
|---|---|
| Actions cotées | 0,35% |
| ETF (fonds d’investissement cotés) | 0,12% |
| Obligations | 0,12% |
| Fonds non cotés | 1,32% |
Exemple concret : tu achètes pour 5.000€ d’un ETF → TOB = 0,12% × 5.000€ = 6€. Tu revends ce même ETF pour 6.000€ → TOB = 0,12% × 6.000€ = 7,20€.
La TOB est due à l’achat et à la vente — deux transactions, deux prélèvements.
Bonne nouvelle pour la majorité : si tu passes par un courtier belge (BNP Paribas Fortis, Keytrade, Bolero, etc.), la TOB est retenue et versée automatiquement. Tu n’as rien à déclarer. Si tu utilises un courtier étranger (Interactive Brokers, Degiro, Trading 212…), c’est à toi de la déclarer et de la payer via MyMinfin.
2. Le précompte mobilier : taxe sur les revenus distribués
Si tes investissements génèrent des dividendes ou des intérêts, ils sont soumis au précompte mobilier de 30% — retenu directement à la source.
Exemples :
- Tu détiens des actions qui versent un dividende de 500€ → tu touches 350€ nets (30% retenu)
- Tu détiens un ETF distribuant qui verse des dividendes → idem, 30% retenu
Comment éviter ça légalement ? En choisissant des ETF de capitalisation (« Acc » dans le nom). Ces fonds réinvestissent automatiquement les dividendes à l’intérieur du fonds, sans jamais te les verser. Pas de versement = pas de précompte mobilier.
C’est l’une des principales raisons pour lesquelles les ETF capitalisants (IWDA Acc, VWCE…) sont si populaires en Belgique.
3. L’impôt sur les plus-values : la grande nouveauté 2026
C’est le changement le plus important de ces dernières années pour les investisseurs belges.
Depuis le 1er janvier 2026, la Belgique a introduit une taxe de 10% sur les plus-values réalisées lors de la vente d’actifs financiers : actions, ETF, obligations, cryptomonnaies, fonds d’investissement.
Avant 2026, les plus-values en bourse n’étaient pas imposées en Belgique pour les particuliers. C’est donc un changement de paradigme.
Ce que ça veut dire concrètement :
Tu achètes 100 actions à 50€ → valeur totale : 5.000€
Tu les revends à 80€ → valeur totale : 8.000€
Ta plus-value : 3.000€
Taxe due : 10% × 3.000€ = 300€
Les bonnes nouvelles :
- Franchise de 10.000€ par an : les premiers 10.000€ de plus-values annuelles sont totalement exonérés. Ce n’est qu’au-delà que la taxe s’applique.
- Pas de rétroactivité : la plus-value est calculée par rapport à la valeur de tes titres au 31 décembre 2025 (pas au prix d’achat initial si tu avais déjà investi avant 2026).
- Les moins-values se compensent : si tu vends à perte, cette perte peut réduire ta base imposable.
- Report possible : si tu n’utilises pas toute ton exonération de 10.000€ une année, tu peux reporter jusqu’à 1.000€ supplémentaires l’année suivante (maximum 15.000€ cumulés sur 5 ans).
Le régime opt-in / opt-out :
Par défaut (opt-in), ton courtier retient automatiquement 10% de précompte à chaque vente bénéficiaire. Tu récupères ensuite le trop-perçu via ta déclaration fiscale si tu es sous la franchise. En opt-out, tu gères toi-même la déclaration — utile si tes plus-values restent sous 10.000€/an pour éviter d’avancer la taxe.
La TACT : taxe pour les gros patrimoines (au-dessus d’1 million €)
Si ton compte-titres dépasse 1 million d’euros de valeur moyenne sur l’année, tu es soumis à la taxe annuelle sur les comptes-titres (TACT) : 0,15% de la valeur totale.
Pour la très grande majorité des investisseurs particuliers, cette taxe n’est pas concernante. Mais il est utile de la connaître.
Quelques détails importants :
- La taxe est calculée par compte, pas par personne
- Elle s’applique aussi aux comptes détenus à l’étranger pour les résidents belges
- Depuis juillet 2025, de nouvelles mesures anti-abus sont en vigueur : fractionner artificiellement un compte pour passer sous le seuil est présumé être de l’évitement fiscal
Le récapitulatif : ce que tu paies selon ta situation
| Situation | Taxe applicable |
|---|---|
| Tu achètes un ETF | TOB 0,12% sur le montant d’achat |
| Tu revends un ETF avec une plus-value | TOB 0,12% sur le montant + 10% sur la plus-value (si > 10.000€/an) |
| Ton ETF verse un dividende (distribuant) | Précompte mobilier 30% |
| Ton ETF réinvestit les dividendes (capitalisant) | ✅ Aucun précompte mobilier |
| Ton compte-titres dépasse 1M€ en valeur moyenne | TACT 0,15%/an |
Comment optimiser sa fiscalité légalement ?
Priorité 1 : choisir des ETF de capitalisation
C’est le levier le plus efficace pour la plupart des investisseurs belges. En évitant les dividendes distribués, tu contournes le précompte mobilier de 30% et tu laisses tes gains travailler en intérêts composés.
Priorité 2 : respecter la franchise de 10.000€ ou planifier ses ventes
Si tu as un gros portefeuille, pense à étaler tes ventes sur plusieurs années pour rester sous la franchise annuelle de 10.000€ de plus-values. C’est légal, simple, et économiquement rationnel.
Priorité 3 : choisir le bon courtier
Les frais de transaction varient énormément selon les courtiers. Un courtier en ligne belge facture souvent 0,25% à 1% par transaction, là où certains courtiers européens facturent des frais fixes très bas. Sur le long terme, ces différences peuvent représenter des milliers d’euros.
Critères à comparer : frais de transaction, frais de garde, frais de change (si tu investis hors zone euro), et gestion automatique de la TOB.
Ce qu’il faut retenir
Le compte-titres en Belgique est parfaitement accessible et adapté à un investisseur particulier. La fiscalité est plus complexe qu’un simple compte épargne, mais elle reste gérable avec quelques principes de base :
Les ETF de capitalisation restent le produit roi : pas de précompte mobilier sur les dividendes, une TOB faible (0,12%), et la nouvelle taxe sur les plus-values ne s’applique qu’au-delà de 10.000€ de gains annuels — ce qui laisse une large marge pour un investisseur régulier.
L’important, c’est de comprendre les règles avant d’investir — pas après.
Cet article est fourni à titre informatif et éducatif. La fiscalité des investissements évolue régulièrement. Vérifie les règles en vigueur sur le site du SPF Finances ou auprès d’un conseiller fiscal avant de prendre des décisions d’investissement. Cet article ne constitue pas un conseil financier personnalisé.
